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Christelle Richard-Dauphinot

L’EXPOSITION
“Pages”

Les Halles de la Cartoucherie
Du 4 > 20 mai 2018
Avenue de Grande Bretagne, 31300 Toulouse
Arrêt de Tram : Casselardit
Parking du Barry – Indigo

L’Amour a commencé à 18 ans dans une bibliothèque, par un concours de la plus belle fiche de lecture. Ils se lovent l’un dans l’autre, comme une évidence. Une plasticienne passionnée d’histoire et un historien passionné d’art. L’un passionné de l’autre et vice versa, ils jurent très jeunes que « oui, jusqu’à ce que la mort les sépare ».
Ces extraits de carnets semblent montrer que non, l’amour dure toujours, même par delà la mort de lui, à la fleur de l’âge, 33 ans.

« Si vous mourrez, il restera vos carnets », entendent-ils d’un proche. Les textes à quatre mains, les photos l’un par l’autre, quelques doubles portraits, des photomatons, des bribes de dessins, de collages, deviennent la trace la plus inaliénable de leur amour. Ils ne sont pas seuls au monde à promener un bloc à spirale. Mais ce qui donne une aura particulière aux photos, dont les négatifs ont disparu, c’est qu’elles sont inéluctables, il n’y en aura jamais d’autres.

Pourtant longtemps après, sans mélancolie, elle reprend les ciseaux, puis le stylo. Les pages s’animent, elle lui écrit. Elle scanne tout, avec méthode. Au final, elle revient à son outil originel, le pinceau, par une intervention de plasticienne à même les agrandissements photos. Elle sacralise, se met à distance, expose son intime.

LA BIOGRAPHIE
En 1996, j’ai 25 ans. J’avais déjà rencontré Rémi. Notre complicité est aussi intellectuelle et artistique. Cette émulation conjointe nous porte tous deux vers l’agrégation, histoire et arts plastiques. Avec mes premiers salaires d’enseignante, je m’offre le reflex argentique pour des reproductions diapo d’œuvres d’art que je projette en classe. Mon atelier, c’est ma classe. Mais je grille quand même des pellicules pour ma récréation. Les photos, je les colle dans des carnets que je promène partout, Rémi se prête au jeu de cette activité dilettante. À 30 ans, est confirmé le diagnostic d’une maladie motrice dégénérative. Rémi meurt à 33 ans. Pendant cette traversée du désert, je vends tout, sauf le coffre où reposent les carnets, et traverse la France pour m’installer à Toulouse.

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