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JULIEN GOLDSTEIN

« LATIUM, LE LEGS DU DUCE »

Avenue de Lyon, 31500 Toulouse
18 juin > 11 juillet 2021

« En novembre 2015, j’ai bénéficié d’une résidence d’un mois à la Villa Medicis à Rome pour réaliser un travail photographique sur le patrimoine architectural laissé par Benito Mussolini après sa transformation de la ville dans les années 1930. (…) De cette période où s’est exprimée la soif de domination, de guerre et d’idéal du Duce, mais aussi sa mégalomanie restent des voies de circulation, des bâtiments, des centres d’activité dans lesquels évoluent les Romains d’aujourd’hui, et c’est ce rapport entre passé et présent que j’ai souhaité montrer. Ce lien, je l’ai également trouvé en dehors de Rome, à Latina, l’une des « villes nouvelles » édifiées à la même époque. (…) Elles étaient destinées à accueillir une humanité d’un nouveau type, celle que le Duce voulait à son image. Aujourd’hui, Latina, Pontinia, Sabaudia, Alghero, Aprilia et Foggia accueillent surtout ce qu’il reste d’un désastre économique et social, et leur population reflète cette histoire. Colonisées dans les années 1930 par une immigration venue du Nord (…), elles connurent dans les années 1960 un important développement industriel qui nécessita l’importation d’une nouvelle main d’œuvre, du Sud cette fois. Vingt ans plus tard, le déclin de ces usines fut à la mesure de leur essor : fulgurant. Ces centres urbains censés glorifier le pouvoir, l’ordre et la réussite devinrent des zones oubliées par l’Etat, et dont l’économie fut sacrifiée sur l’autel de la délocalisation. Y apparut alors une troisième immigration, d’origine étrangère. Volontiers attisé par les « pionniers » au discours nostalgique, le sursaut nationaliste qu’elle suscita conduisit, il y a une quinzaine d’années, l’extrême droite à la tête de certaines mairies. Dans ces paysages urbains créés de toutes pièces il y a un peu moins d’un siècle, quelles traces sociales et politiques – et quelles cicatrices – ont laissé les différentes strates sur lesquelles elles se sont bâties ? Comment vit-on, aujourd’hui, dans ce qui a été conçu comme le laboratoire de l’homme nouveau ? Mon projet tente de répondre à ces questions en m’immergeant dans ces villes pour y discerner de quelles manières leur passé influence leur présent. » Julien Goldstein_

LA BIOGRAPHIE

Après avoir été assistant chez Magnum, travaillant entre autres avec la rédactrice en chef, Ayperi Karabuda Ecer, Julien Goldstein a décidé de se lancer dans une carrière de photojournaliste. S’appuyant sur ses origines roumaines, il a exploré l’histoire de ce pays et sa transition d’une république socialiste à un état démocratique. Il a ensuite exploré les anciennes républiques soviétiques telles que l’Ukraine, la Biélorussie, la Moldavie et la République autoproclamée de Transnistrie. Particulièrement intéressé par la Turquie et les problématiques géopolitiques que posent la question kurde, il a mené à bien un projet de 5 années intitulé « Kurdistan, la colère d’un peuple sans droits », pour lequel il a reçu une bourse de la Fondation Lagardère en décembre 2009. Lors d’une résidence artistique à la Villa Médicis à Rome en novembre 2015, il a réalisé un travail sur le patrimoine architectural laissé par Benito Mussolini dans les années 1930.